En Algérie : les NTIC véritable levier de croissance économique

07/05/2018

L’adoption du nouveau modèle de croissance économique 2016-2019, le plan d’actions du gouvernement de 2017 et les réformes en cours en attestent, les NTIC sont un enjeu majeur pour l’Algérie. Explications.

La fin du monopole

Pour hisser l’Algérie au rang de pays émergent, son Gouvernement a fait du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) son fer de lance. Résultats ? Dans le classement 2017 « Mesurer la société de l’information » de l’Union internationale des télécommunications des Nations Unies, l’Algérie a progressé de 4 places et a amélioré son classement sur les différents sous-indices, en particulier sur la région arabe dont elle constitue l’un des marchés NTIC les plus porteurs.

Sa stabilité législative et réglementaire dans ce secteur explique notamment sa progression. En 2000, l’Etat a dans une démarche irréversible, levé le monopole sur ce secteur névralgique. Il a permis à des opérateurs privés et étrangers d’y investir dans le cadre de 3 régimes d’exploitation : la licence, l’autorisation et la simple déclaration, sous le contrôle de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT).

Evolutions technologiques et besoins croissants des usagers obligent, le Gouvernement propose actuellement une réforme législative susceptible de faire des NTIC un stimulant de l’entrepreneuriat, de l’innovation et un levier de croissance économique.

Bientôt la 5G ?

Les projets de lois relatifs à la poste, aux communications électroniques et au e-commerce ont déjà été adoptés par la chambre basse du parlement algérien et sont en passe d’être examinés par le Conseil de la Nation (Sénat).
Ces textes sont attendus par les opérateurs et par les potentiels investisseurs. Ils devraient offrir des opportunités de partenariats, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre du dégroupage et du développement de l’accès au très haut débit.

L’intérêt des opérateurs économiques étrangers pour ce secteur est également renforcé par le futur passage de la téléphonie mobile vers la 5G, l’attribution des licences afférentes et la production industrielle. En effet, de nombreux constructeurs et équipementiers étrangers envisagent d’implanter en Algérie des unités soit pour y fabriquer des terminaux mobiles (certains y ont déjà procédé), ou pour assurer la production de pièces de rechange des équipements lourds déployés dans le cadre de l’expansion de la couverture réseau du territoire national.

Les partenaires de l’Algérie en pole position

Des partenaires commerciaux de l’Algérie ont déjà montré leur intérêt pour ce secteur, à l’instar de la Chine, de la France et de la Corée du Sud. La Russie quant à elle, avait dès 2010 fait de l’Algérie une destination cible pour la croissance externe de son opérateur télécom VEON (ex.Vimplecom Ltd.), lequel y avait racheté l’opérateur mobile OTA (Djezzy). Il en garde, à ce jour, le contrôle opérationnel, malgré une restructuration capitalistique opérée en janvier 2015.

Pour investir en Algérie, il est conseillé de connaitre quelques fondamentaux du climat des affaires, dont le régime applicable aux investissements dans le cadre de la loi du 03 août 2016 relative à la promotion de l’investissement ; de maîtriser des subtilités et des modes opératoires inhérents au partenariat dans le respect de la règle de répartition capitalistique 49/51 ; de comprendre les avantages et les garanties entourant l’investissement réalisé ou à réaliser.

Enfin, il est utile de rappeler que l’Algérie, signataire de nombreuses conventions internationales multilatérales relatives aux garanties et à l’arbitrage international en matière d’investissement, est liée à 48 Etats par des accords bilatéraux relatifs à la promotion et la protection réciproques des investissements d’une part, et à 65 Etats par des traités bilatéraux de non double imposition, d’autre part.

Auteurs

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Jean-Francois Marquaire
Managing Partner