Newsletter Afrique | Mai 2026
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Nous avons le plaisir de vous adresser une nouvelle édition de notre newsletter consacrée à l’actualité économique et juridique du continent africain, quelques jours après la clôture du sommet Africa Forward, tenu à Nairobi les 11 et 12 mai. Ce sommet fut inédit à plus d’un titre.
D’abord, parce qu’il se tenait pour la première fois dans un pays africain anglophone. Ce choix déplace le centre de gravité de la relation franco-africaine vers l’Afrique de l’Est et signale un changement de méthode. Ensuite, par l’ampleur des engagements annoncés : onze accords bilatéraux ont été signés à State House dès le 10 mai, pour plus d’un milliard de dollars, couvrant notamment la coopération nucléaire civile, l’extension du parc éolien de Kipeto, le rehaussement du barrage de Masinga sous financement AFD garanti par l’Union européenne, la modernisation du rail de banlieue de Nairobi, une coentreprise portuaire de 800 millions de dollars et l’engagement de CMA CGM sur deux terminaux du port de Mombasa. Enfin, par la mobilisation des milieux d’affaires : le forum Inspire & Connect, coorganisé par Business France, Bpifrance et Proparco, a rassemblé plus de 2 000 décideurs autour de près de 850 rendez-vous B2B et B2G, dans le prolongement de l’appel lancé par les dirigeants français et africains dans la presse à « construire un réel partenariat d’affaires ».
Les avocats des cabinets du membres de CMS auront par ailleurs le plaisir de retrouver les acteurs du secteur à l’Africa Energy Forum en juin prochain.
Enfin, nous avons également le plaisir de vous annoncer l'arrivée de David Guitton en qualité d'associé afin de renforcer nos capacités dédiées au développement des infrastructures sur le continent. David accompagne opérateurs, investisseurs et acteurs publics dans la structuration, le déploiement et l'exploitation d'infrastructures numériques (câbles sous-marins et stations d’atterrissement, data centers, stations satellitaires terrestres, pylônes, réseaux backbones et d'accès) ainsi que dans la fourniture des services associés. Son arrivée s'inscrit dans la dynamique de croissance de notre pratique dédiée aux infrastructures en Afrique et vient enrichir l'expertise pluridisciplinaire du cabinet sur le continent.
Pour toute question, n’hésitez pas à contacter votre avocat référent.
Bonne lecture !
Le Mozambique en lumière
Pays lusophone d’Afrique australe, situé sur la façade orientale du continent, au bord de l’océan Indien et dans le voisinage stratégique de La Réunion et de Mayotte, le Mozambique compte environ 35 millions d’habitants et affichait un PIB d’environ 22,7 milliards de dollars en 2024. Son économie demeure étroitement liée à la reprise des grands projets extractifs et énergétiques, même si les dernières projections de croissance appellent à une certaine prudence.
La présence française y est déjà significative, avec environ 60 filiales implantées localement et près de 5 000 emplois soutenus. Elle s’articule principalement autour de deux projets énergétiques majeurs : Mozambique LNG, opéré par TotalEnergies, projet d’environ 20 milliards de dollars dont le redémarrage complet a été annoncé le 29 janvier 2026, avec une première livraison de GNL attendue en 2029 ; et Mphanda Nkuwa, projet hydroélectrique de 1 500 MW sur le Zambèze, estimé à 4,5 milliards d'euros, développé par un consortium mené par EDF aux côtés de TotalEnergies et Sumitomo. Outre l’énergie, les intérêts français couvrent également la logistique maritime et les infrastructures d’eau, avec CMA CGM présent à Maputo, Beira et Nacala, et l’AFD mobilisée sur des projets d’adduction d’eau et d’assainissement à Maputo et Beira.
Dans ce contexte, nous accompagnons nos clients au Mozambique à travers un bureau installé à Maputo et disposant d'une expertise reconnue en matière d’énergie, d’infrastructures, de logistique et de financement de projets. Cette présence locale permet de conjuguer connaissance du marché mozambicain, maîtrise du cadre juridique et expérience internationale sur les grands projets en Afrique.
Brèves économiques
Actualités économiques
Africa Forward : les infrastructures au cœur de la nouvelle donne franco-africaine
À l’occasion du sommet Africa Forward, organisé à Nairobi les 11 et 12 mai 2026, la France et le Kenya ont annoncé plusieurs engagements structurants dans les secteurs de l’énergie, du numérique et des infrastructures. L’AFD a notamment annoncé deux déclarations d’intention portant sur 85 millions d’euros pour le rehaussement du barrage de Masinga, aux côtés de KenGen, et 80 millions d’euros pour le déploiement de 3 500 kilomètres de fibre optique dans 43 comtés, avec le soutien conjoint de l’AFD, du Trésor français et de l’Union européenne.
Cette séquence confirme le positionnement du Kenya comme marché d’ancrage de la relation franco-africaine en Afrique de l’Est, mais aussi comme terrain d’expérimentation d’une approche combinant infrastructures énergétiques, connectivité numérique et financement concessionnel. Pour les opérateurs et investisseurs, l’enjeu sera désormais de suivre la transformation de ces annonces en projets effectivement structurés, financés et attribués.
Kenya : Meridiam lance un projet hybride de 100 MW combinant éolien et stockage
Meridiam et Craftskill Energy ont lancé au Kenya le projet Siruai Wind and Storage, qui associe 100 MW de capacité éolienne à 50 MWh de stockage par batteries. Situé dans le comté de Kajiado, au sud de Nairobi, à proximité du parc éolien de Kipeto, le projet représente un investissement annoncé à plus de 200 millions d’euros.
CMA CGM noue un partenariat stratégique avec le gouvernement kényan
CMA CGM a signé avec le gouvernement kényan un partenariat stratégique portant sur le développement d’infrastructures portuaires et logistiques. L’investissement annoncé s’élève à environ 700 millions d’euros et doit notamment permettre le développement d’un terminal à conteneurs à Mombasa, capable d’accueillir des navires de grande capacité.
L’accord confirme l’importance croissante du Kenya dans la stratégie africaine des grands opérateurs logistiques. En renforçant les capacités de Mombasa, CMA CGM cherche à consolider un point d’entrée majeur vers l’Afrique de l’Est et les marchés enclavés de la région, dans un contexte où la performance des corridors port-rail-route devient déterminante pour la compétitivité des chaînes d’approvisionnement africaines.
RDC : premier test réussi sur les marchés obligataires internationaux
La République démocratique du Congo a levé 1,25 milliard de dollars lors de sa première émission obligataire internationale, réalisée le 9 avril 2026. Structurée en deux tranches à 5 et 10 ans, l’opération a suscité une demande supérieure à 5,3 milliards de dollars, avec des rendements de 8,75 % et 9,00 %.
Cette émission marque une étape importante dans la diversification des sources de financement de l’État congolais. Soutenue par un niveau d’endettement encore modéré et par l’intérêt des marchés pour les juridictions exposées aux minerais critiques, elle doit contribuer au financement de plusieurs infrastructures, notamment l’aéroport international de N’djili, la centrale hydroélectrique de Katende et la route nationale n°4.
Corridors ferroviaires : l’Union européenne accélère sa stratégie face à la Chine
Dans le cadre de la stratégie Global Gateway, l’Union européenne renforce son positionnement dans le financement des infrastructures ferroviaires africaines. Des interventions ciblées ont été engagées au Ghana (modernisation de la ligne Tema–Mpakadan), en Mauritanie (corridor minier Zouerate–Nouadhibou) et sur le corridor de Lobito, reliant la Copperbelt aux marchés internationaux. Ces initiatives traduisent une approche intégrée des infrastructures, combinant transport, facilitation du commerce et structuration des chaînes de valeur, notamment autour des minerais critiques.
Actualités réglementaires
RDC : réforme du cadre des hydrocarbures
Un projet de réforme du cadre législatif applicable aux hydrocarbures est en cours d’examen en République démocratique du Congo. Cette réforme vise notamment à moderniser le régime des contrats de partage de production, à clarifier les obligations fiscales applicables aux opérateurs et à renforcer les mécanismes de gouvernance du secteur.
L’enjeu principal portera sur l’articulation entre les nouvelles dispositions et les contrats existants, en particulier au regard des clauses de stabilisation, dont la portée effective dépendra des mécanismes transitoires retenus.
Maroc : structuration du marché des garanties d’origine
Le Maroc poursuit la mise en place d’un cadre applicable aux garanties d’origine de l’électricité renouvelable, dans une logique d’alignement avec les standards internationaux.
Ces instruments répondent à une demande croissante des industriels, en particulier exportateurs, soumis à des exigences de traçabilité énergétique.
Ils constituent un levier structurant pour le développement des contrats d’électricité verte et des mécanismes d’autoproduction.
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Égypte : lancement du premier appel d’offres du programme de concessions aéroportuaires
Le 12 mars 2026 s’est achevée la phase de préqualification relative à la mise en concession de l’aéroport international d’Hurghada, deuxième plateforme aéroportuaire du pays avec 10,5 millions de passagers sur l’exercice 2024/25. Soixante-huit opérateurs internationaux ont manifesté leur intérêt en se portant candidats à la procédure de préqualification.
La Société financière internationale (IFC) intervient comme conseil du ministère de l’Aviation civile dans le cadre d’un schéma conservant la pleine propriété publique de l’actif, tout en confiant au secteur privé la gestion et le développement commercial de la plateforme.
L’opération s’inscrit dans le programme national de monétisation d’actifs lancé en juin 2023, dont la mise en œuvre demeure liée aux revues de l’accord conclu avec le FMI. Hurghada constitue une opération pilote, appelée à être étendue à d’autres aéroports stratégiques, notamment Sphinx International, Sharm El-Sheikh et Louxor.
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Corruption et ESG : l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus exposée au risque de corruption perçue
Selon l’édition 2025 du Corruption Perceptions Index publiée par Transparency International, l’Afrique subsaharienne demeure la région la moins bien classée au monde en matière de perception de la corruption dans le secteur public, avec une moyenne régionale de 32/100, en baisse par rapport à 2024. Le rapport met en évidence des écarts importants entre juridictions, certaines économies comme les Seychelles, le Cap-Vert, le Botswana ou le Rwanda se distinguant par des scores relativement élevés, tandis que plusieurs États fragiles ou en crise institutionnelle figurent parmi les moins bien classés au niveau mondial.
Au-delà du constat, ces données rappellent que les enjeux de gouvernance, de transparence budgétaire et de prévisibilité institutionnelle demeurent des facteurs structurants de l’environnement des affaires sur le continent, en particulier pour les projets nécessitant une forte exposition aux contreparties publiques.
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Réformes minières : plusieurs États africains durcissent et modernisent leurs cadres d’investissement
Plusieurs juridictions africaines poursuivent la révision de leur cadre minier afin de renforcer l’attractivité des projets tout en captant une part accrue de la valeur locale. Le Liberia prépare un nouveau code minier intégrant une participation renforcée de l’État dans les projets, tandis que la Namibie finalise un Minerals Bill destiné à soutenir la transformation locale et à diversifier la production au-delà du diamant et de l’uranium.
En République du Congo, un projet de nouveau code minier approuvé fin 2025 introduit notamment des mécanismes d’appel d’offres concurrentiel et des dispositions favorables à la transformation sur place.
Ces évolutions traduisent une tendance plus large : les États africains ne cherchent plus seulement à attirer l’investissement minier, mais à en redéfinir les contreparties, en combinant sécurité juridique, exigences de contenu local et objectifs de beneficiation. Pour les investisseurs, la question n’est donc plus seulement celle de l’accès à la ressource, mais aussi celle de la soutenabilité économique de cadres réglementaires plus exigeants.
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Réformes électriques : la gouvernance demeure le principal angle mort
Une analyse récente consacrée aux réformes du secteur électrique dans les pays en développement souligne que les blocages observés depuis plusieurs décennies relèvent moins d’un déficit de technologie ou de financement que de fragilités institutionnelles persistantes. S’appuyant sur une étude couvrant 190 entreprises de services publics dans 93 pays entre 2012 et 2023, l’article met en évidence une corrélation robuste entre la qualité de la gouvernance politique et la fiabilité de l’approvisionnement électrique.
L’étude nuance également l’idée selon laquelle la privatisation constituerait, à elle seule, une réponse suffisante. Dans les environnements institutionnels dégradés, le changement d’actionnariat ne suffit pas à corriger les défaillances structurelles, qu’il s’agisse du non-paiement, des interférences politiques, de la faiblesse des incitations internes ou de la mauvaise exécution des réformes.
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Électricité : la BAD appuie le renforcement des cadres de régulation africains :
La Banque africaine de développement a annoncé un appui destiné à renforcer les cadres de régulation électrique en Afrique, dans le prolongement des NATIONAL ENERGY COMPACTS préparés au titre de Mission 300. L’objectif est de mieux articuler accès à l’électricité, viabilité financière des utilities, prévisibilité tarifaire et mobilisation de l’investissement privé. Cette évolution confirme que la bancabilité des projets électriques ne dépend plus seulement des garanties de paiement ou de la qualité du PPA. Elle suppose également un cadre de régulation capable de traiter les sujets tarifaires, l’accès au réseau, la performance des opérateurs publics et l’allocation du risque entre États, utilities, producteurs indépendants et prêteurs.
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Actualités fiscales
Lois de finances 2026 en Afrique de l'Ouest et centrale : évolutions notables pour les entreprises
Les lois de finances pour 2026 adoptées en Afrique de l'Ouest et centrale introduisent plusieurs évolutions significatives pour les groupes présents dans la région. Nous vous proposons un décryptage de certaines d’entre elles autour de quatre thématiques : l'élargissement des critères de l’établissement stable, le durcissement des règles de déductibilité des charges intragroupe (frais de siège, assistance technique, intérêts), le renforcement des obligations de transparence en matière de bénéficiaires effectifs, et l'encadrement légal de nouvelles procédures (rescrit fiscal, accords préalables en matière de prix de transfert). Autant d'évolutions à anticiper dans la structuration des flux et la gestion des obligations déclaratives par les entreprises.
Retrouvez notre analyse complète : Lois de finances 2026 en Afrique de l'Ouest et central
Revue de presse fiscale
Consultez également notre sélection d'articles couvrant l'actualité fiscale récente sur le continent, notamment la digitalisation de l’administration au Gabon, les évolutions de la TVA au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, ainsi que la refonte de la fiscalité minière et les réformes en cours au Maroc, en RDC et au Mozambique :
- Gabon : la DGI accélère la digitalisation avec E-t@x et assouplit les pénalités pour 2025
- Maroc : fin de la zone grise pour la fiscalité internationale des entreprises marocaines
- Burkina Faso : la retenue à la source de la TVA augmente à 30%
- Côte d’Ivoire : la DGI suspend les taxes environnementales
- Fiscalité minière en Afrique : le grand rééquilibrage est en marche
- Maurice : mise à jour des listes des juridictions soumises à l'obligation de déclaration dans le cadre de l'échange automatique d'informations sur les comptes financiers
- Gabon : qui sont les perdants et les gagnants des nouvelles taxes 2026 ?
- République démocratique du Congo : analyse approfondie de la loi de finances 2026
- Côte d'Ivoire : précisions sur le régime de TVA applicable aux loyers des immeubles non meublés
- Mozambique : le président promulgue un ensemble de lois fiscales
- Maroc : nouveau régime pour les cessions de fonds de commerce et biens immobiliers