Les enjeux
L’hydrogène décarboné constitue un outil important de la politique française d’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie et dans la réduction de la part des énergies fossiles. En effet, cet hydrogène produit par électrolyse de l’eau à partir d’énergie décarbonée ou renouvelable évite toute émission de CO2 aussi bien pour sa production que pendant son utilisation. En remplacement de l’hydrogène gris dans le cadre de sa principal utilisation actuelle (chimie, raffinage), pour le stockage des énergies renouvelable intermittentes, utilisé comme carburant pour le transport ou pour produire de l’électricité au moyen d’une pile à combustible, les utilisations potentielles de l’hydrogène décarboné contribuent toutes à l’atteinte de la neutralité carbone en 2050.
La promotion de la production et de l’utilisation de l’hydrogène décarboné sur le territoire français est également un outil de réindustrialisation qui pourrait permettre de créer entre 50.000 et 150.000 emplois directs et indirects en France. Les exemples sont nombreux entre la création de sites industriels de production et de stockage, la filière de fabrication de piles à combustibles ou les filières relatives au transport (création d’entreprises spécialisés dans le transport maritime ou aérien fonctionnant à l’hydrogène).
Le financement
Face aux investissements à consentir (certaines études parlent de 100.000 milliards de dollars d’investissement dans l’hydrogène pour parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050), c’est l’ensemble des investisseurs qui sont mobilisés.
Les institutions publiques d’abord avec l’Etat français en première ligne. La Ministre de la Transition énergétique a annoncé que quatre milliards d’euros seraient alloués à la filière, principalement au soutien de la production à travers des appels à projet pour attribuer des capacités de production d’hydrogène vert. La filière a également bénéficié d’une enveloppe de neuf milliards d’euros avec des appels à projet pour développer la construction d’électrolyse et de piles à combustibles. Ces projets sont relayés par l’Agence de la transition écologique (ADEME), l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), BPI France ou encore la Banque des territoires.
Au niveau européen, plusieurs plans de financement sont en place (Clean Hydrogen Partnership, Horizon Europe et LIFE) et en septembre 2022, la Commission européenne a donné son feu vert au deuxième projet important d’intérêt européen commun (IPCEI en anglais) axé sur l’hydrogène, appelé Hy2Use. Il bénéficie d’un investissement de 5,2 milliards d’euros de fonds publics et devrait mobiliser 7 milliards d’euros supplémentaires d’investissements privés.
Les investisseurs privés sont également mobilisés avec la création de plateformes d’investissements et de fonds dédiés aux infrastructures d’hydrogène décarboné : par exemple Hy24 créée par Ardian et Five T Hydrogen et réunissant des acteurs de l'industrie (Air Liquide, TotalEnergies, Airbus, Vinci…) et de la finance (Caisse des Dépôts, Société Générale, Crédit Agricole). Certaines sociétés de gestion proposent également des ETF (exchange traded funds aussi appelés fonds indiciels ou trackers) permettant d’investir dans des entreprises de l’industrie de l’hydrogène. Enfin, les appels d’offre lancés par des entreprises privées comme celui récemment lancé par TotalEnergies portant sur l’achat de 500.000 tonnes d’hydrogène vert par an en remplacement de l’hydrogène gris afin de décarboner les processus de production de carburants dans ses raffineries sont également de nature à faciliter le financement des investissements en garantissant une stabilité des prix de vente sur le long terme.
Les défis à relever
Tous les signaux ne sont cependant pas au vert pour la filière de l’hydrogène décarboné en France. Certains acteurs pointent du doigt un cadre règlementaire encore incertain, des délais d’obtention d’autorisations administratives trop long, des délais de livraison en hausse en ce qui concerne les électrolyseurs et les piles à combustible et surtout un renchérissement des coûts des projets liés à l’inflation et à la hausse des taux d’intérêts.
Article paru dans Option Finance le 22/09/2023
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