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Le projet de transfert du contrôle des concentrations à la future Autorité de la concurrence

11 Jul 2008 France 5 min de lecture

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Une fois adopté, l'actuel projet de loi de modernisation de l'économie permettra au gouvernement de réformer par ordonnance l'organisation institutionnelle du contrôle de la concurrence. Sur la base des préconisations du Rapport Attali, une nouvelle institution, l'Autorité de la concurrence, viendrait se substituer au Conseil de la concurrence et, pour partie, aux services du Ministère de l'économie. En pratique, ce nouvel organe, aux compétences étendues par rapport au Conseil actuel, deviendrait un régulateur unique, notamment en matière de contrôle des concentrations.

En l'état actuel, la procédure se divise en deux phases, faisant intervenir deux autorités distinctes : le Ministre de l'économie dispose tout d'abord de cinq semaines (phase I) pour valider l'opération de concentration ou, au contraire, lorsqu'il estime que l'opération est de nature à porter atteinte à la concurrence, solliciter l'avis du Conseil de la concurrence avant de se prononcer définitivement (phase II). La réforme confierait l'ensemble de la procédure à la nouvelle Autorité. Le Ministre disposerait toutefois d'un droit de veto à condition d'invoquer des raisons d'intérêt général suffisamment importantes pour s'écarter du seul impératif concurrentiel. En pratique, l'exercice de ce droit serait donc limité aux situations les plus sensibles.

Une telle évolution pourrait présenter l'avantage d'accroître la cohérence du système français en le rapprochant de la procédure en vigueur devant la Commission européenne mais également dans d'autres Etats membres. En particulier, les lourdeurs administratives tenant à l'intervention de deux autorités ne se justifient plus au regard de la pratique actuelle, très peu de dossiers faisant l'objet d'un transfert au Conseil de la concurrence, en phase II. Essentiellement réglée en phase I, la procédure relève donc principalement du Ministre. Or, ainsi que le recommande l'OCDE, la réduction des prérogatives de ce dernier se justifie afin d'accroître la crédibilité des décisions, les entreprises craignant souvent que sous couvert d'une analyse concurrentielle, le Ministre dissimule des considérations extérieures.

D'aucuns pourront toutefois regretter la suppression du double regard, garant d'un véritable débat, à moins que deux « commissions » différentes n'interviennent dans la procédure d'examen. Enfin, la contrainte opérationnelle et budgétaire devra également être maîtrisée. En charge de l'ensemble des phases du contrôle, l'Autorité ne pourra faire l'économie de moyens supérieurs à ceux dévolus pour l'heure au Conseil. Une augmentation des effectifs s'imposera. Les agents du Bureau B3 de la DGCCRF, en charge des concentrations, auront sans doute vocation à rejoindre la nouvelle Autorité. Un transfert complet semble toutefois à exclure, une équipe restreinte devant être maintenue auprès du Ministre pour l'exercice de son pouvoir de veto.
Article paru dans la revue Option Finance du 9 juin 2008


Authors:

Olivier Benoit, Avocat Associé

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