Open navigation
Recherche

CMS European M&A Outlook 2027 Les grands négociateurs font fi des chocs géopolitiques

17 sept. 2026 France 8 min de lecture
  • Malgré une série de chocs mondiaux, les acteurs du secteur restent confiants quant aux perspectives des fusions-acquisitions en Europe pour l’année à venir. 
  • Le nombre de transactions au premier semestre 2026 a atteint près de 9 500, soit une baisse de 5% comparativement à la même période en 2025. 
  • Malgré cette baisse de volume, la valeur totale des transactions au premier semestre a grimpé à 723 milliards d’euros, soit une hausse de 54% en glissement annuel, reflétant une forte augmentation du nombre de méga-opérations. 
  • Dans notre enquête menée auprès de 250 professionnels des fusions-acquisitions issus des entreprises et du capital-investissement, près des deux tiers des personnes interrogées (64%) s’attendent à ce que le nombre de fusions-acquisitions en Europe augmente au cours des 12 prochains mois – un chiffre en hausse par rapport à l’année dernière, où la moitié d’entre elles prévoyaient une augmentation. 
  • Plus d’un tiers des personnes interrogées (35%) estiment que les pressions inflationnistes et celles liées aux taux d’intérêt constitueront le principal obstacle aux opérations de fusion-acquisition en Europe au cours de l’année à venir. Les écarts d’évaluation entre vendeurs et acquéreurs (33%) et les difficultés de financement (27%) sont également cités comme des préoccupations persistantes. 
  • Du côté des acheteurs, les personnes interrogées identifient la numérisation (33%) et les opportunités de redressement (30%) comme des moteurs essentiels des fusions-acquisitions, tandis que la levée de capitaux pour se développer dans des secteurs à forte croissance (49%) et la remontée des valorisations (42%) devraient constituer les principales motivations du côté des vendeurs. 
  • La plupart des personnes interrogées (88%) ont constaté une forte hausse de l’activité de fusions-acquisitions en Europe, portée par des acquéreurs américains au cours des 12 derniers mois, et 95% s’attendent à ce que cet intérêt s’accroisse au cours de l’année à venir. 
  • Les personnes interrogées s’attendent à ce que la région du Benelux (38%) ainsi que le Royaume-Uni et l’Irlande (également 38%) enregistrent la plus forte croissance des fusions-acquisitions au cours des 12 prochains mois. Viennent ensuite la péninsule ibérique (31%) et l’Italie (22%), largement devant la France et l’Allemagne, ce qui reflète une confiance économique plus forte en Europe du Sud.  
  • La moitié des personnes interrogées estime que le capital-investissement sera la source de financement la plus accessible au cours des 12 prochains mois, suivi des réserves de trésorerie (42%) et des prêts bancaires (40%). 

Selon le rapport de la CMS European M&A Outlook 2027, près des deux tiers des acteurs du secteur s’attendent à ce que le niveau d’activité des fusions-acquisitions en Europe augmente au cours des 12 prochains mois, malgré les turbulences géopolitiques. 

Malgré le déclenchement de la guerre en Iran et la crise du détroit d’Ormuz qui en a découlé, provoquant une hausse des prix de l’énergie et une recrudescence de l’inflation, le marché européen des fusions-acquisitions a connu un premier semestre très actif. Le volume des transactions n’a baissé que de 5% par rapport à la même période en 2025, mais c’est dans le haut du marché des opérations que réside la véritable histoire : la valeur agrégée a grimpé de 54% en glissement annuel, atteignant 723 milliards d’euros. A l’évidence, les méga-opérations ont fait leur grand retour. 

Louise Wallace, responsable du groupe Corporate/M&A chez CMS, a déclaré : 

« L’optimisme demeure parmi les acteurs des fusions-acquisitions, malgré des circonstances parfois difficiles et imprévisibles. Les raisons qui sous-tendent ces opérations – notamment la numérisation, la levée de capitaux pour financer la croissance, la mise à profit d’opportunités liées à des entreprises en difficulté et le resserrement des écarts de valorisation entre acheteurs et vendeurs – suscitent l’enthousiasme. Nous espérons que les freins potentiels que constituent la hausse des taux d’intérêt et les difficultés de financement dans certains secteurs ne viendront pas tempérer cet optimisme en 2027. » 

Numérisation et hausse des valorisations 

Selon les personnes interrogées, la numérisation sera le principal moteur des fusions-acquisitions en Europe du côté des acheteurs au cours des 12 prochains mois : 33% la citent parmi leurs deux principales motivations et 18% la placent en première position, un résultat qui va de pair avec la hausse des investissements dans le numérique et les dépenses consacrées à l’intelligence artificielle. Les opportunités de redressement arrivent en deuxième position (30%), tandis que la consolidation occupe la troisième place (27%). 

Contrairement à notre dernière étude, où la levée de fonds en vue d’une expansion dans des secteurs à forte croissance était considérée comme le facteur le moins important du côté des vendeurs, ce facteur apparaît cette année comme le plus significatif, cité par 49% des personnes interrogées au total. 

Difficultés de financement 

Plus de la moitié des personnes interrogées (58%) estiment que les conditions de financement en Europe vont se détériorer au cours des 12 prochains mois, ce qui reflète les pressions sur les taux d’intérêt et le resserrement des critères d’octroi de crédit dans la région. Ce chiffre représente toutefois une nette amélioration par rapport à notre précédente enquête, où plus des trois quarts des acteurs du marché (78%) s’attendaient à une détérioration des conditions de financement. 

En ce qui concerne les principales sources de capitaux, la moitié des personnes interrogées estime que le capital-investissement sera la source de financement la plus accessible au cours de l’année à venir, compte tenu des réserves encore considérables dont disposent les promoteurs et de la pression exercée sur les sociétés de capital-investissement pour qu’elles mobilisent ces capitaux. 

Le pivot vers le Sud 

Bien que les personnes interrogées continuent de désigner le Benelux ainsi que le Royaume-Uni et l’Irlande comme les deux régions qui connaîtront la plus forte croissance des fusions-acquisitions au cours des 12 prochains mois, les marchés d’Europe du Sud ont récemment gagné en importance dans les estimations des acteurs du marché. Près d’un tiers (31%) des personnes interrogées classent la péninsule ibérique parmi leurs deux premières régions en termes d’accélération des fusions-acquisitions, tandis que 22% en disent autant de l’Italie, qui occupait l’avant-dernière place l’année dernière. Les taux de croissance du PIB en Europe du Sud dépassant largement la moyenne de la zone euro, la région confirme sa réputation de pôle d’attraction pour les fusions-acquisitions internationales. 

Afflux américain 

Témoignant de l’intérêt croissant des acheteurs américains pour les actifs européens, où les cibles affichent généralement des valorisations moins élevées que leurs équivalents aux États-Unis, la plupart des personnes interrogées (88%) indiquent avoir constaté une recrudescence de l’activité des acheteurs américains dans la région au cours des 12 derniers mois. Elles s’attendent à ce que cette tendance transatlantique se poursuive : 95% d’entre elles prévoient un regain d’intérêt des acheteurs américains pour les actifs européens au cours de l’année à venir. 

Perspectives pour 2027 

Bien que les méga-opérations aient fait la une de l’actualité au premier semestre 2026, les fusions-acquisitions européennes au cours des 12 prochains mois semblent davantage orientées vers les investissements de valeur. Les acheteurs sont à l’affût d’opportunités de redressement et privilégient des solutions créatives pour combler les écarts de valorisation. Les vendeurs, quant à eux, se concentrent sur la résilience de leur cœur de métier, notamment en envisageant la cession d’activités périphériques et la levée de capitaux pour réinvestir dans des segments à plus forte croissance. 

Le Dr Malte Bruhns, responsable du groupe Corporate/M&A chez CMS, a ajouté : 

« Nous observons que les opérations européennes passent de la défense à l’offensive en 2026-2027, alors que des acquéreurs disposant de liquidités importantes recherchent des opportunités de transformation technologique, de transition énergétique et d’expansion. Les gagnants allieront rapidité et créativité, en recourant à des structures audacieuses et à une diligence raisonnable pilotée par l’IA pour se démarquer dans un contexte de surveillance réglementaire accrue. » 

Lisez l’intégralité du CMS European M&A Outlook 2027 ici.  

Retour en haut Retour en haut
Ouvre dans une nouvelle fenêtre