Les attentes en termes de volume d’activité sont mitigées dans un contexte d'incertitude économique, mais le secteur du private equity est particulièrement optimiste
- 43 % des acteurs anticipent une baisse de l'activité du M&A en Europe au cours des 12 prochains mois, tandis que 35 % anticipent une hausse, les acteurs du marché du private equity faisant preuve d'un optimisme accru. À la même époque l'année dernière, 73 % des acteurs prévoyaient une augmentation de l'activité.
- La valorisation des transactions au premier semestre 2023 était de 316 milliards d'euros, contre 596 milliards d'euros au premier semestre 2022, soit une baisse de 47%.
- Le volume des transactions au premier semestre 2023 était de 7 608, contre 8 635 au premier semestre 2022, soit une baisse de 12 %.
- La pression de l’inflation (40 %) et la situation économique morose sous-jacente (38 %) sont considérées comme les principaux freins au financement des acquisitions au cours de l'année à venir.
- 85 % s'attendent à ce que les réglementations ESG soient de plus en plus pris en considération au cours des trois prochaines années.
- Les cibles sous-évaluées (36 %) et les entreprises en difficulté (35 %) devraient être les principaux catalyseurs des opérations au cours de l'année à venir.
- Les secteurs des TMT (37 %) et de l'énergie (36 %) devraient connaître la plus forte hausse de transactions en Europe.
- Près de la moitié des acteurs (47 %) s'attendent à ce que le Royaume-Uni et l'Irlande connaissent la plus forte croissance de l'activité M&A au cours des 12 prochains mois, suivis par la péninsule ibérique et le Benelux (29 %).
22 septembre 2023 : 43 % des acteurs s'attendent à ce que le niveau d'activité des opérations de M&A en Europe baisse au cours des 12 prochains mois, bien qu'une minorité non négligeable (35 %) prévoie une hausse, ceux qui opèrent dans le domaine du private equity étant notamment plus optimistes, selon la European M&A Outlook 2024 du cabinet d'avocats mondial CMS publiée aujourd'hui. Cela contraste fortement avec les prévisions de l'année dernière où 73% prévoyaient une augmentation de l'activité M&A.
Le paysage M&A européen a été marqué par plusieurs phénomènes en 2023, notamment une inflation plus élevée, une hausse des taux d'intérêt et des perspectives économiques incertaines. Ces défis ont entraîné une baisse de 47 % de la valorisation des transactions au premier semestre 2023 par rapport à l'année précédente (passant de 596 milliards d'euros à 316 milliards d'euros), bien que les volumes de transactions n'aient connu que des baisses modérées, entraînant une baisse de 12 % par rapport à 2022 (passant de 8 635 à 7 608 transactions). Dans l'ensemble, l'environnement M&A pour cette année se caractérise par une prédominance de petites transactions - une rupture par rapport à la tendance observée en 2021 et 2022.
LES ATTENTES MODEREES ET HETEROGENES EN MATIÈRE DE FUSIONS ET ACQUISITIONS
Dans un contexte macroéconomique de plus en plus difficile, seuls 35 % des acteurs s'attendent à une hausse de l’activité des opérations de M&A en Europe au cours de l'année prochaine, contre 73 % l'année dernière à la même époque, tandis que 43 % prévoient une baisse. Une divergence est apparue, les acteurs du private equity étant nettement plus optimistes que leurs homologues au sein des entreprises. Seuls 24 % des répondants du secteur du private equity anticipent une baisse du volume des transactions en Europe, contre 49 % des entreprises interrogées.
UNE POSTURE PLUS PRUDENTE DES ACQUEREURS
L’étude indique que l'un des principaux facteurs de ce changement est une propension moins importante au risque pour les acheteurs, exacerbée par l'augmentation des coûts de financement et des pratiques de prêt prudentes. Les conséquences de l'effondrement de plusieurs banques aux États-Unis et en Europe au début de l'année 2023 ont suscité une appréhension supplémentaire chez les acteurs du marché. En réponse à l'inflation persistante, les taux d'intérêt n’ont cessé d’augmenter en Europe, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Plus particulièrement, 48 % des acteurs déclarent que l'inflation et les pressions exercées par les taux d'intérêt seront les principaux obstacles à la conclusion de transactions au cours des 12 prochains mois. Toutefois, la tendance à la baisse de l'inflation depuis le début de l'année a atténué les craintes d'une éventuelle récession régionale.
D’après Louise Wallace, Co-Responsable du groupe CMS Corporate / M&A : « Après une activité post-covid effrénée, les opérations de M&A européennes ont commencé à ressentir les effets d'un nouvel environnement macroéconomique. En 2021 et même en 2022, alors que l'invasion de l'Ukraine par la Russie l'année dernière a poussé l'inflation à des niveaux qui n’avaient pas été vus depuis des décennies, les volumes de transactions ont encore battu des records et les niveaux de valorisation sont restés plus élevés qu'avant la pandémie. Toutefois, nous constatons aujourd'hui que l'activité de M&A en Europe commence à refléter le contexte macroéconomique plus difficile. »
Néanmoins, la récente revue à la hausse des projections du PIB de l'Union européenne par la Commission européenne, qui prévoit une croissance de 1 % pour 2023 et de 1,7 % pour 2024, apporte une lueur d'optimisme dans un climat économique par ailleurs incertain. Alors que les projections concernant les opérations de M&A pour l'année prochaine restent mitigées, les fonds de private equity se montrant plus optimistes que leurs homologues du secteur privé, une proportion significative d’acteurs prévoit une participation active au marché du M&A. Cela laisse présager un volume d'activité important à court terme. Notamment, comme les valorisations se stabilisent tout au long de l'année 2023, le terrain semble propice à une augmentation des accords entre acheteurs et vendeurs à moyen terme.
LA PRISE EN CONSIDERATION ACCRUE DES CRITERES ESG DANS LES OPERATIONS DE M&A CREERA DE NOUVELLES OPPORTUNITES D’AFFAIRES
64 % des acteurs pensent que les réglementations relatives aux critères ESG et au réchauffement climatique en Europe créeront des opportunités de transactions, 93 % d'entre eux déclarant que les considérations ESG constituent un élément important de la due diligence. En effet, 85 % d'entre eux s'attendent à une prise en compte accrue des critères ESG dans les opérations de M&A au cours des trois prochaines années.
DEAL DRIVERS
À l'instar des résultats de l'enquête de l'année dernière, les acteurs continuent d'identifier les cibles sous-évaluées (36 %) et les opportunités de redressement (35 %) comme les principaux moteurs de l'activité de M&A en Europe pour l'année à venir. Cette tendance n'est guère surprenante, compte tenu de la baisse des valorisations des entreprises publiques au cours des 18 derniers mois.
DES SECTEURS FLORISSANTS
Plus d'un tiers des acteurs prévoient que les secteurs des TMT (37 %) et de l'énergie (36 %) connaîtront la plus forte hausse de transactions en Europe. En revanche, 42 % d'entre eux pensent que les secteurs de l’industrie pharmaceutique, de la santé et des biotechnologies connaîtront la croissance la plus ralentie. Alors que 68 % des acteurs privilégiaient le secteur des TMT comme l'un de leurs deux premiers choix l'année précédente, le récent déclin pourrait s'expliquer en partie par la réévaluation notable des valeurs en bourse des entreprises des nouvelles technologiques au cours des 12 à 18 derniers mois. Toutefois, la prédominance persistante du secteur des TMT souligne la confiance inébranlable des investisseurs dans l'expansion future et la nécessité pour les entreprises d'acquérir des technologies, alors que diverses industries continuent de mettre l'accent sur la transformation numérique. Un exemple de cette tendance est apparu au premier semestre 2023, avec l'acquisition par Deutsche Börse du fournisseur de données danois SimCorp pour un montant de 4 milliards d'euros - une entreprise qui souligne la volonté du groupe coté en bourse de renforcer ses prouesses en matière d'analyse de données pour la branche des solutions de gestion d'investissement nouvellement créée.
DIFFÉRENCES RÉGIONALES
Les attentes en matière de M&A dans les différentes régions d'Europe ont évolué de manière significative par rapport à l'année précédente. En ce qui concerne les 12 prochains mois, les acteurs prévoient une augmentation notable des transactions au Royaume-Uni et en Irlande, qui occupe désormais la première place de la liste avec un écart considérable, puisque près de la moitié (47 %) des personnes interrogées le placent parmi leurs deux premières préférences. En revanche, le Royaume-Uni et l'Irlande occupaient la sixième place l'année dernière, ne recueillant que 19 % des deux premiers votes. La péninsule ibérique et le Benelux occupent conjointement la deuxième place, 29 % des décideurs les classant parmi les deux premières régions pour la croissance prévue des opérations de M&A au cours de l'année à venir. À l'inverse, les régions d'Europe centrale et orientale (38 %) et l'Italie (30 %) représentent les zones où la part la plus importante des acteurs s'attendent à la croissance la plus lente de l'activité de M&A.
Alors que le paysage européen des fusions et acquisitions continue d'évoluer, les acteurs du secteur restent vigilants pour naviguer dans cette dynamique mouvante, afin de saisir des opportunités tout en gérant efficacement les défis. La voie à suivre nécessite un équilibre délicat entre les conditions économiques, les développements réglementaires et l'évolution des tendances du marché.
Selon Malte Bruhns, Co-responsable du groupe CMS Corporate/M&A : "La hausse des coûts liés à l'inflation et les perspectives économiques plus incertaines ont rendu les acheteurs plus prudents quant au prix qu'ils sont prêts à payer, tandis que les vendeurs n'ont pas encore ajusté leurs attentes. Toutefois, il y a de nombreuses raisons d'être optimiste quant aux perspectives des opérations de M&A européennes à moyen et long terme, y compris un appétit continu pour les transactions TMT, un fort investissement entrant et la croissance du private equity en Europe, ce qui permettra aux transactions de se poursuivre."