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Selon l’Étude sur les fusions-acquisitions en Europe émergente 2017/2018 publiée par CMS en collaboration avec EMIS, la Chine s’est placée en tête des investisseurs étrangers en Europe émergente* en 2017. Après une envolée de 96 % en 2016, les investissements de la Chine dans la région s’élèvent à 7,7 milliards d’euros en 2017, soit une hausse de 78 %. Les États-Unis restent premiers en termes de nombre d’opérations, avec 92 transactions en 2017. Bien que l’investissement national continue de dominer l’activité, ces résultats pourraient présager des prochaines tendances dans la région. La Russie a conclu 603 opérations pour une valeur de 22,5 milliards d’euros. La Pologne, quant à elle, en a négocié 166 pour 4,3 milliards d’euros.
En règle générale, les opérations de fusion-acquisition n’ont pas faibli en Europe émergente en 2017. Au total, 2113 opérations ont été recensées, soit une hausse de 6 % par rapport à l’année précédente. Les opérations se sont chiffrées à 71,5 milliards d’euros. Accusant une légère baisse depuis 2016, elles restent cependant nettement supérieures aux niveaux de 2014 et 2015.
Helen Rodwell, avocate associée, Corporate Practice Europe centrale et orientale, CMS : « En dépit du climat politique incertain sur la scène internationale, un regain de confiance a été observé au cours du second semestre, entraînant un flux solide de transactions et un intérêt accru de la part des investisseurs étrangers. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne la Chine. Ces données laissent pressentir le rôle crucial que jouera cette région dans le tracé de l’initiative Belt and Road (Nouvelles routes de la soie), visant à améliorer les infrastructures au sein des territoires des partenaires économiques clés. Nous observons déjà une série d’opérations en ce début 2018 et tous les indicateurs annoncent une autre année faste pour les activités de fusion-acquisition dans la région. »
Selon l’étude, plusieurs pays se sont démarqués en termes de performance au cours de 2017. Malgré les tensions dans l’est de l’Ukraine, le pays affiche des signes de reprise économique comme en témoigne la hausse de 67 % des opérations de fusion-acquisition. La Hongrie a connu la plus forte croissance (126 %) de la région pour une valeur totale de 2,7 milliards d’euros. Indétrônable en termes de superficie, la Russie a enregistré les plus hauts niveaux de fusion-acquisition en 2017, avec 671 opérations pour un montant total de 36,7 milliards d’euros. Un raffermissement des activités de fusion-acquisition a été observé en Roumanie, avec une hausse de 13 % et de 64 % du volume d’opération et de la valeur, respectivement. La croissance économique soutenue affichée par la Pologne a renforcé le marché des transactions avec 288 opérations, soit 3 % d’augmentation.
Radivoje Petrikic, avocat associé, Corporate Practice Europe centrale et orientale, CMS : « Avec une croissance économique à faire pâlir toutes les grandes puissances, un environnement favorable aux investissements étrangers et aux financements européens, et une population de plus en plus prospère de plus de 100 millions d’individus, l’Europe centrale et orientale constitue un marché attrayant. Les flux d’opérations démontrent que l’Europe centrale et orientale reste une cible clé pour les investisseurs internationaux, qu’ils souhaitent exploiter ses marchés directement ou les réquisitionner pour produire des biens de consommation destinés à l’export. »
Sur le plan sectoriel, l’immobilier et la construction ont tiré leur épingle du jeu dans la région, totalisant 390 opérations pour une valeur de 16,9 milliards d’euros. Arrivent ensuite l’industrie manufacturière et le secteur des technologies. La Pologne a été le marché le plus dynamique en matière d’introductions en bourse, les montants levés avoisinant 1,8 milliard d’euros.
Stefan Stoyanov, responsable mondial des bases de données F&A, EMIS : « Nous sommes plutôt confiants concernant l’augmentation des fusions-acquisitions en 2018. La croissance économique, des financements qui demeurent bon marché et la réduction des inconnues en début d’année par rapport à 2017 rendent l’Europe centrale, orientale et du Sud-Est attractive aux yeux des investisseurs. Nous estimons que les incertitudes fiscales et réglementaires aux États-Unis vont inciter les entreprises américaines à la prudence concernant les opérations nationales, pour reporter leur attention vers l’Europe. Finalement, la place prépondérante des investissements chinois en Europe centrale, orientale et du Sud-Est en 2017 pourrait donner une idée de l’avenir. »
*L’Étude sur les fusions-acquisitions en Europe émergente 2017/2018 analyse les tendances dans 15 pays émergents en Europe centrale, orientale et du Sud-Est – Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Monténégro, Pologne, République tchèque, Roumanie, Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Turquie et Ukraine – en s’appuyant sur des données de fusion-acquisition collectées par EMIS entre 2012 et 2017, et des commentaires, des points de vue et des prévisions pour 2018, fournis par CMS. Pour plus d’informations, veuillez consulter […]