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Le temps 1 du renforcement du pouvoir de sanction de l'AMF : l'introduction d'une faculté de récusation d'un membre de la Commission des sanctions

21 Feb 2008 France 5 min de lecture

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A la faveur de la composition professionnalisée de la Commission des sanctions de l'AMF instituée par la Loi de Sécurité Financière de 2003, la contestation des sanctions prononcées s'est paradoxalement enrichie de nouveaux moyens au profit des mis en cause. Il en est ainsi du moyen tiré du défaut d'impartialité d'un des membres de cet organe de jugement qui a conduit le Conseil d'Etat dans trois arrêts rendus entre octobre 2006 et juillet 2007 à annuler des décisions de sanctions sur le fondement de l'article 6.1 de la CESDH.

La diversité des occurrences relevées témoigne de l'insécurité qui menaçait à terme le pouvoir de sanction du régulateur boursier : co-fondation d'une société avec l'un des mis en cause ; existence d'un litige opposant la société mise en cause avec l'une des filiales d'un groupe bancaire au sein du comité exécutif duquel siégeait le membre de la commission ; situation de concurrence entre la société mise en cause et la société dans laquelle le membre-rapporteur était au moment des faits administrateur puis conseiller du président. Les causes d'un doute sur l'impartialité subjective à raison de fonctions opérationnelles présentes ou, à tout le moins, concomitante aux faits de la cause rendait urgente une intervention législative.

La solution, suggérée par le Conseil d'Etat lui-même dans une incidente de l'arrêt "Société Global Gestion" du 26 juillet 2007, est inscrite dans loi n°2007-1774 du 17 décembre 2007 (J.O n°293 du 18 décembre 2007, p. 20354 et s.) portant DDAC qui a introduit un alinéa nouveau (III bis) à l'article L. 621-15 du code monétaire et financier prévoyant la récusation d'un membre de la commission des sanctions, à la demande de la personne mise en cause, "s'il existe une raison sérieuse de mettre en doute l'impartialité de ce membre" et renvoyant à un décret en Conseil d'État pour la définition des conditions de mise en oeuvre.

Le référentiel finalement retenu emprunte, on pourra le regretter, davantage à concision du code de justice administrative qu'à la précision de la procédure civile ou pénale.

Formons le voeu que le Gouvernement ne s'arrêtera pas en si bon chemin, le relèvement du plafond des sanctions de l'AMF et la faculté pour le Collège de pouvoir former un recours ou encore l'instauration d'une procédure de transaction présentent à tout le moins la même urgence...

Article paru dans la revue Option Finance le 21 janvier 2008


Authors:

Bruno Zabala, Avocat

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