Le cadre fiscal reste favorable pour les investisseurs forestiers
Auteurs
Les tristes incendies de cet été ont rappelé l'importance de nos forêts, qui, outre leur valeur environnementale, demeurent un actif attractif et porteur d'efficience fiscale.
La hausse de la demande en bois s'ajoute à la croissance naturelle des peuplements, tandis que le cadre fiscal est historiquement favorable pour les particuliers et leurs groupements, bénéficiant du forfait forestier et de l'exonération « Monichon » de 75 % des droits de mutation à titre gratuit (DMTG). Il passe en revanche plus inaperçu qu'acquérir une forêt se conçoit également comme diversification ou réinvestissement d'un entrepreneur, malgré des resserrements issus de la loi de finances 2026.
Report d'imposition
Ainsi, la sylviculture n'a pas été exclue des réinvestissements éligibles permettant un report d'imposition d'une plus-value lors d'un apport-cession via une holding. Pour satisfaire aux conditions de ce dispositif (article 150-0 B ter du CGI), la filiale forestière soumise à l'IS portant le réinvestissement devra mener une exploitation réelle (par des moyens propres) et prédominante (plus de coupes de bois que de revenus civils de bail de chasse).
Un choix judicieux du massif, d'au moins une centaine d'hectares pour des recettes régulières, garantira la stabilité fiscale du projet, qui bénéficiera du régime Dutreil conférant de même 75 % d'exonération des DMTG.
Dans une doctrine attendue et publiée en août, l'administration précise que l'activité accessoire de location de chasse ne fait pas d'une forêt un bien somptuaire privant du régime Dutreil. Cette position rassure aussi pour la taxe sur les holdings, l'administration reconnaissant la nécessité de chasser sur une exploitation forestière.
À retenir
Alors que le pacte Dutreil est recentré et que la taxe sur les holdings a été instaurée, une forêt exploitée constitue l'opportunité d'investir dans un actif tangible qui résiste à ces durcissements.
Article paru dans Les Echos le 11 Septembre 2026